Mercredi 1er août 2001
20h15 Les deux femmes Reymond arrivent Ă Chatte et sonnent Ă la porte. J’ouvre, je prends mes bagages, on charge et on part pour Grenoble. L’atmosphère est tendue pendant le voyage entre la mère et la fille, les deux Ă©tant stressĂ©es la tension monte mais tout se passe bien. Mag arrive quand mĂŞme Ă conduire presque bien …
21h Arrivée à Grenoble chez moi, petite escale pour récupérer un livre pour Véro.
21h10 Arrivée chez Mag, on discute un peu je bois un thé et au lit.
Jeudi 2 août
7h Le réveil sonne, super nuit !!!
7h25 Départ pour la gare. Le trajet est long, les sacs sont lourds.
7h49 Départ du TGV pour la gare de Lyon.
10h50 ArrivĂ©e Ă Paris. Arlette est sur le quai et Mag l’a repĂ©rĂ©e tout de suite. Elle va ĂŞtre notre guide jusqu’Ă Orly, mange avec nous et nous prĂ©sente dans l’aĂ©roport Ă Tata Claire et sa famille.

13h30 Panique Ă bord : Tata Claire nous fait remarquer que nos bagages n’ont pas de cadenas ! Je pars alors Ă la recherche de cet outils apparemment indispensable quand soudain je sens une prĂ©sence derrière moi et mĂŞme plus, quelqu’un me prend par la taille et met ses mains sur mes yeux. C’est VĂ©ro ! J’achète le cadenas et nous revenons pour l’enregistrement des bagages. Tata Claire prend tout en main et nous assiste de A Ă Z. Ensuite, attende chaleureuse et pleine d’affection.
16h30 DĂ©part de VĂ©ro … et embarquement. L’avion partira avec une heure de retard. Dans l’avion on se fait un ami : Christophe, un togolais qui rentre au pays et on rigole beaucoup avec lui. Mais bon, cacahuète et bananya, on arrive pas a avoir ce que l’on veut Ă manger et Ă boire dans l’avion. L’air de rien Christophe ouvre la ventilation. Au bout d’un moment on commence a avoir un peu froid. Je regarde les trois arrivĂ©es d’air, il a ouvert seulement la mienne et non la mienne, petit feinteur !
0h30 Escale imprĂ©vue Ă Cotonou : interminable … Prise de tĂŞte sur le teste de QI du Monde2. RĂ©sultat : logique supĂ©rieure.
0h (heure locale, LomĂ©)Enfin arrivĂ©s !!! Mag met une heure pour rĂ©cupĂ©rer ses bagages alors que les miens sont presque sortis en premier. Avec Bernard, on passe la douane sans ĂŞtre fouillĂ©s et on part pour manger, c’est la coutume, chez la mère de ThĂ©o. On a pas très faim mais on mange quand mĂŞme la salade de tomates par politesse.
2h ArrivĂ©e chez Bernard : c’est super. Notre chambre est toute refaite tout est neuf, on est reçu comme des princes.
Vendredi 3 août
Après une courte nuit, cinq heures de sommeil, on se lève et on fait connaissance avec la famille prĂ©sente dans la maison (14 personnes). Au dĂ©but on a du mal Ă comprendre ce qu’ils disent Ă cause de leur accent et de leurs expressions mais on s’en sort quand mĂŞme.
Ensuite petit tour de quartier avec Janette, trop de dépaysement on est les seuls blancs. Tout le monde nous regarde avec de grands yeux et un petit sourire aux lèvres. Les rues sont pleines de monde, les gens font leur commerce dans la rue devant chez eux.
Après un court retour chez Bernard on retourne chercher la voiture au « garage » et la on dĂ©couvre la mer et la plage. C’est affreusement sale, la mer est agitĂ©e avec quelques jolis petits tubes. Quand la voiture est prĂŞte on part pour une visite guidĂ©e de LomĂ© : c’est grand et plein de monde. Repas chez la mère de ThĂ©o : poisson grillĂ©, lĂ©gumes, pâte et mangue. Super bon!

De retour chez Bernard on prĂ©pare notre sac et on part pour aller assister Ă des funĂ©railles dans son village natal. On est six dans la voiture et on s’arrĂŞte partout pour acheter Ă boire, Ă manger, de l’essence, des cure-dents, … C’est tellement beau qu’on ne parle pas durant tout le voyage. ArrĂŞt chez des locataires de Bernard, avec couchĂ© de soleil sur le lac Togo bordĂ© de cocotiers, magnifique. ArrivĂ©s au village, on est sur le cul ! On fait le tour des maisons pour saluer. On mange et on se couche, trop d’Ă©motions et de fatigue …
Deux heures après, on est rĂ©veillĂ©s et on va Ă la veillĂ©e funĂ©raire : bonne ambiance, tout le monde chante et danse sur des rythmes de tambours. On nous invite mĂŞme Ă danser après nous avoir prĂŞtĂ© un pagne, et c’est parti. On a sĂ»rement l’air ridicules mais ça a l’air de faire plaisir Ă tout le monde alors on y va. Tout le village est assis autour de nous et nous encourage. La pression monte, le rythme s’accĂ©lère ça y est on se laisse aller, on danse ! Pas trop longtemps quand mĂŞme car on sait bien que cette soirĂ©e n’est pas pour nous et qu’il faut qu’on laisse faire les choses. Ensuite ou plutĂ´t enfin c’est dodo.

Samedi 4 août
LevĂ© difficile après une courte nuit. Mag me dit que j’ai des mĂ©ga cernes et je pense que c’est vrai car j’ai très mal aux yeux et beaucoup de mal Ă les laisser ouverts. Après un petit dĂ©jeuner Ă la vache qui rit, on se met en route pour la maison du dĂ©funt. LĂ on nous invite Ă nous recueillir devant le corps. C’est la première fois que je vois un mort d’aussi près. Il est très bien habillĂ©, jusqu’aux chaussettes en rĂ©sille. Bizarrement Bernard me demande de les prendre en photo devant le mort pour donner la « prise » Ă ThĂ©o. Putain, j’ai pris un mort en photo !!!
En attendant que la cĂ©rĂ©monie commence on pose plein de questions sur le dĂ©roulement de cet Ă©vĂ©nement. D’un coup tout le monde sort et c’est Ă ce moment que Bernard me fait entrer pour prendre des « prises ». Ensuite il part et me laisse tout seul. Des gens viennent chercher le cercueil et le posent Ă l’entrĂ©e de la maison. Ils chantent et font plein de gestes que je ne comprends pas. Moi au milieu de tout ça je me sens un peu mal et ne sais pas trop quoi faire. Soudain tout le monde s’Ă©carte et deux personnes restent avec un agneau dans les bras qu’ils viennent d’Ă©gorger sur le seuil. Ils ont fait couler son sang Ă l’entrĂ©e de la maison, ce que je dĂ©couvre en sortant derrière le cortège.
Ensuite, beaucoup de paroles qu’on ne comprend pas mais qui ont l’air très importantes et qui sonnent justes avant de faire un petit tour dans le village pour finir au cimetière. LĂ tout le monde se place n’importe oĂą pour bien voire la cĂ©rĂ©monie, les gens se mettent mĂŞme debout sur les tombes ou perchĂ©s dans les palmiers. Deux poulets sont Ă©gorgĂ©s, des paroles sont prononcĂ©es par les gens de la famille et par le « sorcier ».

Le repas est formidable, on mange « acmé » avec du poisson très bon dont on doit mĂŞme manger la tĂŞte. Il parait que c’est la meilleure partie, certain ne mangent mĂŞme que ça … Tout de suite après manger on part au bord de la lagune pour faire un tour en pirogue. Janette nous fait dĂ©couvrir et nous explique la vĂ©gĂ©tation.
De retour Ă LomĂ©, je fais la sieste, j’avais d’ailleurs dĂ©jĂ commencĂ© dans la voiture! A mon rĂ©veil, on part manger chez Oportune (la mère de ThĂ©o) oĂą l’on se restaure encore une fois comme des princes.
Dimanche 5 août
Après une grande nuit, nous voilà partis pour le champ de Bernard. On traverse des villages magnifiques avec des maisons en terre rouge et des toits en feuilles de palmier. Dépaysement total. Au champ on ramasse des haricots et des arachides. Pour la première fois un enfant me prend la main, me regarde et me fait un grand sourire. Peut-être que je suis accepté ?
De retour Ă LomĂ© on mange encore chez Oportune. On rentre chez Bernard et Magalie se couche pour faire la sieste. Moi pendant ce temps, je ne sais pas trop quoi faire et soudain j’entends des tam-tams dans la cour. J’y vais et on m’apprend quelques rythmes sur des instruments traditionnels. Ils me font mĂŞme chanter. Ensuite on discute de plein de choses avec les jeunes de la maison : de la vie en France et en Afrique, de nos diffĂ©rences culturelles, de l’immigration. C’est très intĂ©ressant et surtout très enrichissant de voir comment les gens d’ici nous voient et comment ils pensent que l’on vit en France. Il y a vraiment un grand fossĂ© entre nos deux cultures.
Le soir on est invitĂ©s Ă une petite fĂŞte chez un prĂŞtre que Magalie a rencontrĂ© Ă la messe ce matin. LĂ de nombreux français se retrouvent. On mange, on boit, on danse. D’ailleurs Mag est très gaie et Bernard un peu sec. Le retour est très folklorique : on passe par des toutes petites rues et l’ambiance dans la voiture est très chaude. De retour Ă la maison je fias l’ancien sur la terrasse pendant que Mag commence Ă dormir. J’ai une petite pensĂ©e pour les gens restĂ©s en France et me sent rassurĂ© d’avoir quittĂ© cette fĂŞte pleine de français. Je ne suis pas venu en Afrique pour rencontrĂ© des français, c’est pas ce que je suis venu chercher …
Lundi 6 août
JournĂ©e calme en perspective. A neuf heures on part pour signaler notre prĂ©sence au consulat de France. Au retour on s’arrĂŞte Ă plusieurs endroits :
•Chez la secrĂ©taire de la sociĂ©tĂ© ou Bernard travaille, oĂą elle nous propose une petite expĂ©dition vers le nord du Togo que l’on accepte volontiers.
•Chez la couturière de Bernard. On boit un jus de citron délicieux et on déguste des arachides grillées au boeur. Après quoi elle nous montre ses confections.
•Chez l’un des actionnaires de la sociĂ©tĂ© de Bernard. C’est une sorte d’aventurier qui a tout vu tout fait en Afrique et qui nous raconte plusieurs anecdotes. Il a d’ailleurs quelques idĂ©es et quelques blagues douteuses que je n’apprĂ©cie pas vraiment. Mais il nous offre une bière et tout se passe bien.
A midi c’est couscous chez Oportune. Je n’ai pas fait attention que tout le monde laissait un lĂ©gume sur le bord de l’assiette. Mais moi je n’avais pas vu et en le mangeant je me suis aperçu que c’Ă©tait un piment en forme de petit poivron. J’ai pris un Ă©norme coup de chaud, je suis devenu tout rouge, transpirĂ© un bon coup et chopĂ© le hoquet. Après ce repas riche en Ă©motions et en sensations, c’est la sieste obligatoire.
Au rĂ©veil, Oportune viens nous chercher pour faire les « cent pas ». On va dans une maison de sa famille oĂą on est très bien reçu. On boit du « pom pom » et on mange des petits gâteaux secs. Pour revenir manger chez Oportune, c’est LomĂ© by night !!! Le repas est encore excellent : ignam et magnoc frits avec oeufs au plat et sauce Ă la tomate. La nuit serra agitĂ©e pour Magalie : elle se rĂ©veille et pousse des cris pendant dix minutes AĂŻe aĂŻe aĂŻe aĂŻe .
Mardi 7 août
Après une bonne nuit, Joachim est dĂ©jĂ la Ă la première heure pour nous parler de son projet d’ONG. Il nous fait voire son procès verbal et le statut de son affaire. Mais bon, le matin au rĂ©veil c’est un peu dur, j’ai pas tout lu.
Ensuite, dĂ©part pour le marchĂ©. Mag a l’air morte, et cette idĂ©e se confirme quand on entre sur le marchĂ© : elle se sent mal, a mal au coeur et la gerbe (le mal au coeur, cette expression que je ne comprends vraiment pas car dans ces moments lĂ c’est pas au coeur qu’on a mal, c’est vraiment très mal imagĂ©). On est obligĂ© de la poser derrière un stand d’une cousine. On fait un tour et quand on revient, Mag a l’air d’un zombi, elle a les yeux gonflĂ©s avec d’Ă©normes cernes noires. Je fais quelques achats mais avec Oportune c’est trop speed. On lui dit qu’on veut un boubou alors elle nous emmène sur un stand oĂą il y a des boubous et il faut qu’on en choisisse un. Pas moyen d’aller voire ailleurs, c’est ici qu’on doit faire notre affaire. On a mĂŞme pas le temps de flâner et de tout voire tranquillement. mais bon, on reviendra et sans elle …
A midi on mange foufou, trop bon mais Mag n’en profite pas. Ensuite, c’est une courte sieste avant une balade qui se termine chez le couturier d’Oportune. Bien-sur rien ne va comme il faut et rien n’est prĂŞt dans les temps. Avant le repas on fait appeler le mĂ©decin pour Magalie. Ils restent au moins vingt minutes tous les deux dans la chambre. Le repas est comme Ă l’habitude très bon mais se dĂ©roule sans Mag. Enfin on revient Ă trois sur le Vespa pour se coucher car on est très fatiguĂ©.
Mercredi 8 août
Mag a l’air de revivre, mais le mĂ©decin revient la voire quand mĂŞme. On nous prĂ©sente enfin Ă notre voisin de chambre. Il me dit que je suis un peu timide. Je pense que c’est vrai, mais bon, quand je sors du lit encore avec la tĂŞte dans le cul pour ĂŞtre directement emmenĂ© chez lui, je n’ai pas grand chose Ă dire … Formidable petit dĂ©jeuner avec bananes et pain sucrĂ©. Le premier depuis notre arrivĂ©e, ça fait du bien.

Tout le matin Mag reste dans sa chambre, se repose et Ă©crit ses cartes postales pendant que Jeanette et moi allons faire les cent pas autour du petit marchĂ© et de la poste. Encore une fois c’est le dĂ©paysement total : odeurs, atmosphère, rythme de vie. Il me semble que je suis sur une autre planète. A midi, j’ai appris (enfin j’ai vu) comment prĂ©parer la pâte avec de la farine de maĂŻs. j’espère pouvoir en faire en France.
L’après-midi le voisin nous emmène visiter la banlieue de LomĂ©. Le trajet est long, il fait trop chaud dans la voiture. Je ne peux plus tenir et commence Ă avoir des crampes au cul. Après deux heures et demi de voiture non-stop on s’arrĂŞte enfin Ă un petit maquis pour boire une bière et manger une brochette. Mais bon je suis devenu sourd parce que dans la voiture la musique Ă©tait Ă fond et on entendait que les aiguĂ«s. Donc la communication est difficile pour moi puisque je n’entends plus rien. Nous rentrons chez Bernard et le chauffeur de Mathieu conduit toujours comme une quiche, c’est vraiment trop chiant.
Ensuite retour chez la famille Soglo pour un très bon repas. Après quoi nous revenons chez Bernard oĂą presque tous les enfants sont Ă la buvette. Ils veulent tous nous payer une bière, mais au dĂ©but je refuse. Au bout d’un moment, je cède sous la pression et j’accepte d’en boire une quand mĂŞme parcequ’il faut que « je sois un homme ». Alors je bois une FLAG, Femme Libre Aimant les Garçons d’après eux.
Jeudi 9 août
Après une bonne nuit, on prend un petit dĂ©jeuner composĂ© de pain sucrĂ©, de banane et de sucre, de sucre et de sucre (grosse envie de sucrĂ© trop absent dans l’alimentation locale). Bernard voulait nous emmener Ă un baptĂŞme mais nous avions refusĂ© d’y aller, car trop occidentalisĂ©, pour pouvoir profiter du marchĂ© tranquillement avec Jeanette. Mais quand elle arrive Bernard est toujours lĂ et nous fait monter dans sa voiture. On croyait qu’il allait nous dĂ©poser au marchĂ© en partant, mais non, il nous a emmener au baptĂŞme. J’Ă©tais trop Ă©nervĂ©, en plus, le pasteur racontait des choses avec lesquelles je ne suis vraiment pas d’accord et ça m’a encore plus Ă©nervĂ©. Heureusement un petit rafraĂ®chissement et un petit encas ont calmĂ©s le feu.
Enfin, on est allĂ© au marchĂ© ! Il y avait plein de colliers avec des perles magnifiques partout. On a Ă©galement fait le marchĂ© des arts et on s’est lâchĂ© sur quelques achats. Retour Ă quatorze heure trente chez Oportune pour manger. De retour chez Bernard, c’est le calvaire, je dois Ă©crire des cartes postales, le genre de truc que je dĂ©teste parce que socialement obligatoire … En plus il faut faire vite pour aller au bureau de poste avant qu’il ne ferme.

Après une expĂ©dition Ă la poste, Mag a ouvert sa valise magique remplie de vĂŞtements j’ai joint aussi mes petits trĂ©sors amenĂ©s spĂ©cialement pour faire plaisir Ă ceux qui nous accueillent. Ce fut l’Ă©merveillement et la joie mĂŞme pour Jeanette. Elle avait l’air trop contente et l’air de vraiment apprĂ©cier le geste. Peu après George est venu aussi, il s’est jetĂ© sur tout, il a mĂŞme fallu le freiner pour qu’il en laisse pour les autres. Ce soir c’est dĂ®ner chez Oportune avec comme invitĂ© Mathieu. On est tous crevĂ© et on est pas très bavards.
Vendredi 10 août
Après un rĂ©veil tardif, on part avec Mathieu et son chauffeur (Mag, Oportune, Jenifer et moi) pour Cotonou après avoir encore ouvert la valise magique et cette fois elle est vide. ArrivĂ©s Ă la frontière du BĂ©nin, on passe d’un trait. Mathieu serre une main et on passe comme ça sans montrer notre passeport (heureusement parcequ’on a pas de visa pour le BĂ©nin …). On pĂ©nètre donc illĂ©galement dans ce nouveau pays, mais on flippe un peu pour le retour : si on revient sans mathieu on va aller en prison ?
ArrivĂ© Ă GodomĂ©, on s’installe et on se repose mais ici « le temps passe vite », il est dĂ©jĂ l’heure d’aller se promener en voiture pour une petite visite de Cotonou. On voit beaucoup de bâtiments administratifs puis on s’arrĂŞte dans une buvette dont Mathieu connaĂ®t le propriĂ©taire. Je demande ou sont les toilettes et Mathieu m’y accompagne jusque dedans, il a peut-ĂŞtre peur que je tombe dans le trou !!! Au retour c’est Cotonou by night et les embouteillages. Le repas est très bon, poulet grillĂ© aux Ă©pices. C’est un peu fort Ă la première bouchĂ©e mais après ça va. Ensuite on fait une petite marche pour aller dormir chez oncle Dady.
Samedi 11 août
Pas très bonne nuit, rĂ©veillĂ© Ă six heures par Dady qui allait prendre une douche, ensuite tout le monde s’activait dans la maison en particulier pour passer le balai. Ce matin on va Ă Abomey pour visiter le musĂ©e des rois d’Abomey. c’est un peu loin (150 km), On y va en taxi. Le chauffeur conduit un peu comme un fou, il double n’importe oĂą sur une route complètement dĂ©foncĂ©e et klaxonne tout le temps. On tombe en panne et il dĂ©branche un tuyau dans le moteur, aspire de l’essence et la recrache sur je ne sais quoi et c’est reparti.

Le musĂ©e est très intĂ©ressent, on voit comment vivaient les BĂ©ninois « dans le temps ». C’est quand mĂŞme un peu Ă©trange, on voit le tableau des quarante et unes Ă©pouses enterrĂ©es vivantes, le tableau des rois, et la case dont les murs sont faits avec du sang humain. Ils sont fous ces africains, on fait 300 km dans la matinĂ©e pour une heure de visite ! De retour Ă GodomĂ© on fait un petit repos, je suis un peu fatiguĂ©. Gladis essaie de nous apprendre Ă danser, mais en mĂŞme temps quelqu’un nous filme, alors c’est encore plus dur.
Le soir on est crevĂ©, on mange des frites Ă l’africaine cuites au feu de bois (c’est les meilleurs que j’ai jamais mangĂ©) avec des oeufs au plat. mais bon, ça manque un peu de dessert et de fromage. Après on va se coucher. Je sers enfin Ă quelque chose, je me sens utile : je porte un Ă©norme sac rempli d’affaires sur une Ă©paule pour l’emmener jusque chez Dady.
Dimanche 12 août
Encore une nuit pas très longue, la douche froide (pas le choix) le matin ça fait vraiment du bien ! Le matin on fait pas grand chose, on discute, Oportune prĂ©pare le repas mais ici « le temps passe tellement vite »… En fin de matinĂ©e Oportune et Jennifer vont chez le coiffeur et on les accompagne quand Ignas arrive pour nous prĂ©venir que gladis va mal. Une chose très Ă©trange se passe. Elle est prise comme d’une crise d’asthme (alors qu’elle n’est pas asthmatique). Sa respiration et très bruyante, on dirait qu’elle n’arrive ni Ă inspirer ni Ă expirer. Le chef du village arrive alertĂ© par je ne sais qui et nous explique que c’est parcequ’elle n’est pas allĂ©e saluer les ancĂŞtres en arrivant au village. Elle a voulu faire la rebelle en reniant ses origines et les ancĂŞtres le font sentir. Après ĂŞtre allĂ©e devant le monument des ancĂŞtres (un petit tas de n’importe quoi qui ressemble Ă rien) pour les saluer, elle revient l’air ressuscitĂ©e. Tout va bien maintenant comme par magie, c’est troublant, très Ă©trange, j’y comprend rien du tout je peux seulement constater.
On rentre alors chez Gaby pour manger. Après le repas c’est dĂ©jĂ le moment de se prĂ©parer pour au mariage. Lionnel nous repasse nos affaires, mais comme par hasard, un habit a brĂ»lĂ© encore par hasard c’est ma chemise pour le mariage. Une braise a sautĂ© du fer (eh oui c’est un fer rustique avec des braises Ă l’intĂ©rieur) et a fait un trou sur cette chemise que j’avais achetĂ©e au marchĂ© quelques jours avant. Alors je vais y aller avec une chemise banale.

Pour se rendre au mariage, on va prendre un taxi. On en trouve un facilement, c’est un VW transporteur comme le mien. On est alors douze dedans, ça va il y a de la place. En chemin on prend d’autres passagers. Au maximum on Ă©tait dix-neuf, c’est chaud, il y a mĂŞme des gens dans le coffre et une chèvre. On arrive au mariage avec une heure de retard, heureusement (pour moi) la messe avait dĂ©jĂ commencĂ©e ! C’est quand mĂŞme un peu long avec beaucoup trop d’Ă©vocations de Dieu… Ensuite on se dirige vers l’hĂ´tel oĂą a lieu l’apĂ©ritif, c’est super beau, au bord de la plage. On boit de la bière bien-sĂ»r et Oportune arrive mĂŞme Ă taxer du gâteau et du champagne. Elle est trop forte cette femme lĂ , elle va jusqu’Ă nous faire inviter tous (douze personnes) pour le repas et mĂŞme Ă nous trouver des places dans les voitures pour y aller.
LĂ -bas, on attend les mariĂ©s pendant une heure trente, c’est interminable. Heureusement Mathieu arrive, ça occupe un peu. Le repas est annoncĂ© par le DJ, il y aura dix-sept plats, mais tu parles il y en a eu que trois, le petit farceur ! Après avoir mangĂ©, c’est soucousse et salsa jusqu’au bout de la nuit. et j’ai mĂŞme le droit Ă une danse avec la mariĂ©e. Mag se fait un ami bourrĂ© qui la colle un peu et qui la saoule un peu d’ailleurs. Oportune nĂ©gocie le retour : on rentre dans la voiture des mariĂ©s, avec un chauffeur … On est obligĂ© de rĂ©veiller toute la maison de Gaby pour aller se coucher, mais il dit que ça lui fait plaisir. Ce mariage m’a beaucoup plu, notamment dans la conception que les mariĂ©s avaient du mariage : ils Ă©taient ensemble de puis vingt-cinq ans, avaient eu quatre enfants et sentaient maintenant le besoin de se marier, comme une nouvelle Ă©tape dans leur vie. Comme concept, ça me fait rĂŞver …
Lundi 13 août

Après une courte nuit, on part pour Ganvier. Sur le chemin Oportune achète plein de fruits (goyaves, …) et de la canne Ă sucre dont je vais un peu me gaver. La visite en pirogue de Ganvier est magnifique, c’est super beau. Oportune n’est pas très Ă l’aise mais elle surmonte ses peurs (l’eau) et garde quand mĂŞme son sang froid. On chope un peu des coups de soleil, deux heures sur une pirogue c’est obligĂ©.
On revient pour quatorze heure Ă la maison ou l’on doit retrouver Mathieu pour nous ramener. Mais il est venu Ă treize heure et est dĂ©jĂ reparti pour LomĂ©. On est alors un peu dans la merde pour rentrer (rappel : on a pas de visa) et sans Mathieu, on pourra pas passer comme Ă l’aller. Mais bon pas de stresse Oportune nous propose de revenir mardi.
L’après-midi on comate un peu, on se fait un peu chier mais pas trop quand mĂŞme. Finalement on part pour une fĂŞte populaire oĂą « les esprits dansent ». Sur place, on est les seuls Yovo (blancs) et on se fait tout de suite repĂ©rer et taxer. La fĂŞte est intĂ©ressantes, toute la population, grands et petits, sont pris dans l’action. Les esprits (personnes dĂ©guisĂ©es) dansent et la foule ne doit pas ĂŞtre touchĂ©e sous peine de malheur. C’est alors de vrais marrĂ©es humaines quand les esprits se rapprochent un peu trop près des spectateurs, On voit mĂŞme trembler violemment les poteaux Ă©lectriques sous la force de ce flot humain hystĂ©rique. Mais bon des esprits qui dansent et rĂ©clament de l’argent aux Yovo pendant une heure et demie, ça commence un peu Ă me gonfler.
Au moment de rentrer, c’est un peu la panique car tout le monde part en mĂŞme temps. Mais heureusement Mada prend les choses en main (au sens propre), elle me tient par le bras jusqu’Ă la maison et me serre tellement fort que ça me fait mal pendant trente minutes au moins après qu’elle m’ait lâchĂ©. LĂ elle m’a carrĂ©ment Ă©nervĂ©, comme si j’Ă©tais pas capable de me dĂ©brouiller tout seul. Ce comportement est tout Ă fait Ă l’image de notre « encadrement » en Afrique, les familles qui nous reçoivent se sentent obligĂ©es de nous couver, on est très rarement seul. Mais peut-ĂŞtre est-ce justifiĂ© ? Ensuite on revient manger chez Gaby et on se couche pas trop tard.
Mardi 14 août
Petit dĂ©jeuner copieux avant de partir pour Wida avec Ignas et Gladis. Le voyage en taxi est assez rapide avant d’arriver Ă l’ancien fort portugais qui est maintenant le musĂ©e de l’esclavage. On apprend beaucoup de choses pendant la visite sur la culture BĂ©ninoise.

Ensuite on part en zĂ©migian (taxi moto)jusqu’Ă la plage sur la route des esclaves oĂą l’on voit tout le long plusieurs monuments et arbres sacrĂ©s. Au retour on s’arrĂŞte dans la maison des pythons. Je paye pour entrer et voir ces animaux. Le guide en prend un et me le met autour du cou. c’est bizarre les serpents, c’est Ă la fois rigide Ă l’intĂ©rieur et mou Ă l’extĂ©rieur. Magalie reste dehors Ă cause de sa peur inexplicable …
Gladis nous fait un caprice d’adolescente de la banlieue parisienne et veut rentrer Ă la maison, une fois parcequ’elle a mal aux pieds, une fois parcequ’elle a froid, … Mais on arrive quand mĂŞme Ă lui forcer la main et on part alors pour le CPA (centre promotionnel pour les artisans) Ă Cotonou. C’est un peu un nid Ă touristes mais on voit de très belles choses. Je craque pour un masque que j’ai repĂ©rĂ© je ne sais par quel hasard rangĂ© sous un tas d’autres choses, plein de poussière. Mais c’est lui qui me plaĂ®t, comme s’il m’avait appelĂ©.
Ensuite on va directement chez tonton Jean-Paul (le mariĂ©) oĂą on est invitĂ©s Ă manger. On attends lĂ au moins deux heures que les autres arrivent. Le premier plat est bon, mais le deuxième … C’est la première fois que je n’arrive pas Ă manger quelque chose. La sauce gombo bĂ©ninoise c’est vraiment pas pour moi. Pendant le repas Jean-Paul nous raconte ses exploits et ceux de la famille Soglo et nous expose ses idĂ©es sur la religion et l’amour : point de vue très intĂ©ressant. Retour en taxi, et on rĂ©veille encore une fois Gaby et Oportune Ă deux heures du matin pour aller se coucher.
Mercredi 15 août

JournĂ©e morte, on fait vraiment rien. On devait partir pour LomĂ© le matin après le petit dĂ©jeuner mais en fait on partira Ă quinze heure. Alors pendant ce temps on glande, Magalie est sur les nerfs et moi je commence aussi a en avoir un peu marre d’attendre. Heureusement, on fait la connaissance du « mec » Ă Oportune (Nestor) et je discute avec Gaby sur l’art, la vie et plein d’autres choses. Le taxi qui viendra nous chercher est un ami Ă Gaby, en plus il connaĂ®t bien la frontière et pourra nous faire passer sans problèmes. On verra bien, pourvu qu’on ai pas Ă passer par la lagune, en pirogue, comme avait prĂ©vu Oportune pour Ă©viter les contrĂ´les.
Enfin le taxi arrive et c’est le dĂ©part. On est deux sur le siège passager avant, Ignas et moi. ArrivĂ©s Ă la frontière, Ignas, Jennyfer et Oportune descendent pour passer Ă pieds par la douane car elles ont leur visa. Magalie et moi montons Ă l’arrière de la voiture. Le chauffeur nous dit de rester tranquille et de ne pas rĂ©pondre si on nous pose des questions. Il dit qu’il faut passer vite pour ne pas avoir de problèmes, alors c’est ce qu’il fait. Ouf … on est passĂ©, c’est gagnĂ©.
ArrivĂ©s chez Bernard, on range nos affaires et on part avec Joachim pour s’acheter des gâteaux et des beignets de banane, trop bons ! Après quoi on se couche vite parcequ’on est fatiguĂ© de ce merveilleux voyage au BĂ©nin.
Jeudi 16 août
Une bonne nuit au calme ça fait du bien !!! Après le levĂ© on traĂ®ne un peu. Magalie rencontre Mathieu qui propose de nous emmener au marchĂ© vaudou (marchĂ© fĂ©tiche). LĂ -bas c’est vraiment extraordinaire et intĂ©ressant. On voit plein de choses bizarres : des animaux sĂ©chĂ©s (chauves souris, porcs-Ă©pics, tĂŞtes de chiens, oiseaux, serpents, …), des peaux de biches, des peaux de lĂ©opards. On est invitĂ© Ă entrer chez un sorcier pour une petite cĂ©rĂ©monie d’initiation au vaudou. Après ses rites, il nous exposes sept fĂ©tiches possĂ©dant chacun un sens positif. Mais j’en achète que deux (bonheur personnel et bonheur des proches) car c’est un peu cher. Mathieu ,lui, garde celui que l’on prend dans un petit verre pour passer une bonne nuit avec une femme et qui Ă©veille les sens, le petit coquin.

Sur la route du retour on s’arrĂŞte voire une de ses amies qui travaille chez Togo TĂ©lĂ©com et ensuite dans deux buvettes oĂą on boit deux grandes (65 cl) bières et on rentre un peu fatiguĂ© chez Bernard. Après un cour rĂ©pits, on repart manger chez Oportune pour ensuite revenir chez Bernard. On traĂ®ne un peu et on se met en route pour le marchĂ© avec Boris. LĂ , on fait des affaires car c’est la fin, tous les marchands remballent et veulent absolument vendre un dernier objet mĂŞme Ă bas prix. Après avoir posĂ© nos affaires on va manger une bonne salade chez Oportune et on revient juste après Chez Bernard parce-que Magalie tombe de sommeil.
Vendredi 17 août

Jeanette viens Ă neuf heure mais nous ne sommes pas prĂŞts. Avant de partir, Gaston viens me serrer la main et me dit en me regardant avec un air attendrissant que je suis son ami pour la vie. Là ça me fait vraiment plaisir, je sens mon coeur se serrer, et une petite larme pointe son nez au coin de mon oeil. On part vers dix heure pour le marchĂ© oĂą l’on fait quelques affaires dont des arachides recouvertes de caramel, un vrai dĂ©lice. Mag achète son tabouret et c’est moi qui le porte pour le retour, je salis bien mon short avec.
On va manger chez les Soglo mais ils sont partis pour le village natal de la grand-mère. Alors on mange seuls avec Jeanette. En suite on revient chez Bernard oĂą l’on discute avec les enfants et on se repose un peu. Après on part tĂ©lĂ©phoner : Magalie appelle ses parents et moi j’appelle VĂ©ro mais c’est son rĂ©pondeur, alors pour la première fois de ma vie je laisse un message. C’est vraiment trop dur de parler Ă personne !!! Après ça on part au petit marchĂ© Ă la recherche de fruits et on achète un pain sucrĂ©, un ananas, une papaye et des oranges.
Le repas du soir a lieu encore une fois chez Oportune après avoir bu une bière au maquis familial avec Bernard et Mathieu. On fait un repas simple mais exotique que j’ai suggĂ©rĂ© Ă Jeannette : du riz avec de l’ananas et de la papaye chauds. c’est très bon et on fini avec les oranges. Jeanette a hallucinĂ© Ă l’idĂ©e de mĂ©langer du riz et des fruits, mais elle a trouvĂ© ça bon et a dit qu’elle en referait sĂ»rement. C’est pas dans les habitudes africaines de mĂ©langer ces aliments, il faut vraiment ĂŞtre yovo pour avoir une idĂ©e pareille. De retour chez Bernard on discute encore avec les enfants devant une bière de la France et des diffĂ©rences entre nos deux systèmes avant de se coucher.
Samedi 18 août
Un ami Ă Boris vient nous montrer des batiques mais domage, elles ne nous plaisent pas (pour ma part j’ai pas du tout accrochĂ© Ă son style). On attend Jeannette qui arrive avec une heure de retard pour aller au marchĂ©. Cette fois je me lâche sur des tissus, sur une chemise pour mon père et pour un habit traditionnel. On mange chez Soglo un super plat : pinou (pâte Ă base de gari et de sauce tomate).
Je rentre seul chez Bernard pendant que Mag se fait examiner la blessure qu’elle a a la patte. Elle rentre très Ă©nervĂ©e car tout le monde a complotĂ© en mina (le dialecte de la rĂ©gion) et Ă la dernière minute le mĂ©decin lui a dit qu’il allait lui faire le vaccin anti-tĂ©tanos. Elle l’avait dĂ©jĂ fait en France mais vu qu’ils parlaient tous en mina elle n’avais pas pu comprendre. Du coup ils ont tous remuĂ©s ciel et terre pour trouver un vaccin dans LomĂ© pour rien. S’ils avaient dit tout de suite ce qu’ils cherchaient ça aurait Ă©vitĂ© ça.

Plus tard Jojo nous emmène faire un tour chez plusieurs artisans (ses amis) : sculpteur, peintre sur tissu, tailleur de djembĂ©. C’Ă©tait vraiment très intĂ©ressant de voire leur savoir faire. De plus, j’ai pu acheter quatre peaux de chèvres pour mon activitĂ© personnelle de « rempeautage » de djembĂ©. On finit ensuite la journĂ©e dans une buvette au bord de la lagune jusqu’au coucher du soleil. Après le repas chez Oportune, on rentre tĂ´t car on tombe de fatigue.
Dimanche 19 août
RĂ©veillĂ© trop tĂ´t par les connards de l' »église » d’en face qui mettent la musique Ă donf Ă partie de six heure (AvĂ© Maria, Bob Marley; sacrĂ© fossĂ© quand mĂŞme entre les deux) je me lève du mauvais pied, je suis trop vĂ©ner. Après le petit dĂ©jeuner, Jeanette arrive et Bernard nous emmène chez la secrĂ©taire yovo de sa sociĂ©tĂ© pour Ă©tablir notre programme de voyage dans la montagne pour lundi et mardi. Nous faisons aussi la connaissance de de son mari et nous discutons un peu de l’Ă©ducation des enfants et des effets de la mixitĂ© culturelle. Ici la tendance n’est pas d’interdire aux petits de jouer avec le feu, mais de les laisser se brĂ»ler pour qu’ils comprennent par eux-mĂŞme le danger. SacrĂ© bon concept, j’en tiendrais compte pour l’Ă©ducation de mes enfants …
Ensuite on rentre manger chez Oportune en s’arrĂŞtant, bien-sur, en chemin dans plusieurs maisons pour dire bonjour. On se fait encore une fois pĂ©ter le bide tellement c’est bon. Bernard nous emmène voir Georgette dont la fille a aujourd’hui un an. Et lĂ on nous offre encore Ă manger du foufou. C’est trop bon et on se fait repĂ©ter le bide deux heures après le repas de midi. On a donc mangĂ© deux fois pour midi !!! Pour en rajouter une couche, de retour chez Bernard on se gave de canne Ă sucre et d’arachides enrobĂ©es de caramel Ă tel point que je m’endors pendant trente minutes après. On a vraiment fait un après-midi bouffe, nous qui pensions ne rien manger et revenir tout maigre après notre voyage…
Bernard nous apporte la balance, j’ai dĂ©jĂ achetĂ© douze kilos d’affaires africaines. Après avoir regardĂ© un DVD de Koffi OlomidĂ© chez Mathieu on va manger chez Oportune et on se gave encore : banane plantain et manioc frits puis bouillie de tapioca. On rentre se coucher tĂ´t le ventre bien plein, je vais exploser !!!
Lundi 20 août
Après une nuit lourde et trop courte (levĂ© Ă sept heure), On se met en route pour PalinĂ©. ArrivĂ©s LĂ -bas on visite un centre artisanal, mais les artisans sont en vacance donc on ne voit que les boutiques fermĂ©es. Ensuite on se dirige vers AtakpamĂ©. Enfin on voit un peu des montagnes, mĂŞme si elles sont dans la brume car il ne fait pas très beau. On s’arrĂŞte dans une « Kafète » pour manger un demi poulet (chacun) avec de la semoule. Après le repas on se dirige vers l’hĂ´tel Rock oĂą on va passer la nuit. Il est perchĂ© sur la colline et de lĂ on surplombe tout le village.

Après un petit temps calme on part avec Rose Marie pour visiter sa bibliothèque et pendant qu’elle fait son inventaire on s’Ă©vade pour une petite visite d’AtakpamĂ©. C’est très beau et vraiment diffĂ©rent de LomĂ©. Le fait de voire des montagnes, mĂŞme si elles sont petites, ça me fait du bien !!! Après avoir retrouvĂ© Bernard on va visiter l’Ă©vĂŞchĂ© et voir des soeurs (très ouvertes, ça fait plaisir) et on rentre pour s’apprĂŞter pour la soirĂ©e.
On mange du vĂ©ritable foufou de brousse chez la grande tante de ThĂ©o et on part pour le bar « le SahĂ©lien » ou l’ambiance est bonne et oĂą on boit pas mal de pils. Le retour Ă l’hĂ´tel est rapide mais dans la montĂ©e, Rose Marie fait chauffer l’embrayage et ça pue carrĂ©ment le cramĂ© (les femmes au volant …).
Mardi 21 août
Très bonne nuit longue et fraĂ®che dans la montagne. On se fait un petit dĂ©jeuner Ă l’europĂ©enne, le seul du voyage. On prĂ©pare nos affaires, on salut les gens et on part Ă la recherche de fruits mais dommage il n’y en a aucun, c’est pas la saison. Vers onze heure on retourne chez la grande tante de ThĂ©o et on nous sert de la pâte avec du capitaine. C’est un peu dure de si bonne heure …

Après ce bon repas on se met en route pour LomĂ©. On s’arrĂŞte en route dans un hĂ´tel juste pour que madame Rose Marie puisse pisser de façon convenable en faisant semblant de demander des renseignements. C’est fou ça, comme si elle pouvait pas pisser comme tout le monde au milieu de la brousse. En plus ici les gens s’en foutent, y en a mĂŞme qui pissent en pleine rue, l’air de rien et personne n’est choquĂ©. ArrivĂ©s Ă LomĂ© on boit un coup chez Rose Marie et on rentre chez Bernard. Sur le chemin il nous achète de la patate douce frite et des beignets et comme par habitude, on se gave encore une fois …
FIN
Trop triste de revenir dans ce monde si diffĂ©rent sur le vieux continent et de quitter cette atmosphère africaine chaleureuse que j’ai rĂ©ellement adorĂ©, je n’ai rien Ă©crit sur le retour Ă la rĂ©alitĂ© de tous les jours …

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